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Le sujet que je m’apprête à aborder sera encore en 2019, un sujet tabou dont les femmes et nouvelles mamans ont peur de parler pour une multitude de raisons. Fatigue chronique qui s’installe, sautes d’humeur, anxiété, crise de larme, irritabilité,  difficulté à trouver le sommeil, niveau d’appétit variable, indécision, démotivation,  confusion, soit c’est noir soit c’est blanc mais jamais de zone grise. Bref, la vie de femme et de maman ce n’est pas toujours facile et parfois c’est plus difficile pour quelques unes de remonter la pente après un accouchement. S’adapter a un nouveau rôle, changer de routine, avoir la pression d’une petite vie qui dépend de soi, se sentir coupable de vouloir dormir ou de ne pas être à la hauteur à 100% du temps etc… Vous me voyez venir là hein… Bien oui! Je vous parle de dépression post-partum! Tout au long de cet articles, je vous présenterai mon fils.

De l’accouchement à maman

Passer de femme à maman, c’est excitant, mais pas toujours facile de mettre son  » ancienne » vie de côté et d’instaurer une nouvelle routine où tout tournera autour de bébé. Que ton accouchement soit rapide, long, facile ou difficile, s’adapter au fait qu’un petit être dépend de toi et uniquement toi c’est pas toujours facile. Un poids peu rapidement devenir lourd sur les épaules d’une femme qui bien que sa grossesse soit plus que désirée, peu avoir de la difficulté à faire la transition et à s’adapter. Être maman ce n’est pas juste nourrir son enfant, changer des couches et le bercer!

La maternité avec des lunettes rose

Les réseaux sociaux et la société en générale véhicule trop souvent des valeurs qui ne montre que le beau côté de la maternité, mais qu’on se dise, c’est pas toujours rose rose ! Si on se parle en toute franchise, la maternité c’est beau, c’est doux et c’est empreint d’amour et de bonheur, mais c’est rough aussi ! Ne pas dormir plus de 2h en ligne et se faire réveiller par les larmes d’un petit bébé qui pleur, voir le lavage s’accumuler, la vaisselle s’empiler, notre corps qui a changé, la maison dans un état lamentable ainsi les visites a n’en plus finir de la famille et les amis. Mais vient un temps où les visites s’espaces, les appels aussi, le sommeil se fait rare, et le ménage s’accumule de plus en plus.

Il se peut qu’à ce moment là tu sois dépassée !  Quand nous nous imprégnons du rôle de maman, nous nous oublions et c’est une erreur bien fatale que nous faisons là car nous embarquons dans un cercle vicieux qui creuse en nous son gouffre. On ne se maquille plus, on a peine et misère à prendre une douche et a manger à des heures régulières. Nous ne faisons plus de sorties, nous voyons que peu nos amis, nous restons en jogging ou en pyjamas et nous mettons les pieds à l’extérieur de la maison que lorsque c’est nécessaire. Ce sont des erreurs que j’ai commise MOI! Et aujourd’hui je le réalise fortement.

Le juste équilibre

Nous voulons toutes ce qu’il y a de mieux pour notre petit ange, jusqu’à s’oublier pour faire passer les enfants avant nous. On se dit que c’est ça être parent! On se dit qu’on ne peut se faire passer soi en premier car un sentiment de culpabilité nous envahi et nous finissons par se sentir égoïste. Mais… il y a une chose que nous nous devons de ne pas oublier: nous étions quelqu’un avant d’enfanter! Nous étions des femmes, des conjointes, des sœurs, des amis! Bref nous étions un être à part entière et ce n’est pas la maternité qui doit changer cela. Certes, donner naissance à un si joli petit être change une vie et nous change aussi du même coup, mais nous devons penser à nous en tant que femme et penser au couple également !

Lentement, mais sûrement !

On tombe dans une routine vicieuse et insidieuse et lorsqu’on s’en rend compte, il est déjà trop tard!  Ce fût mon cas. Le verdict est tombé il y a quelques semaines et aujourd’hui, j’ai envie de vous en parler. J’ai voulu tout donner à mon fils, j’ai négliger mon apparence et mes passions, j’ai négliger mon couple. J’avais changé, mais je ne me reconnaissais plus! Je n’aimais pas ce que je devenais. J’avais de la difficulté à garder le rythme et je me suis senti vite déstabilisée et dépassée.  Je cohabite aujourd’hui avec la dépression post-partum. Elle est en moi, dans mon corps et mon esprit. C’est une maladie mentale sournoise et discrète qui s’immisce lentement en toi.

Les jours passent et tu ne retrouve pas la personne que tu étais avant et sans crier gare, tu commences à t’isoler et à culpabilisé. Tu modifie ton mode de vie sans que tu ne te rende compte. Aujourd’hui je comprends mieux pourquoi une journée j’ai des High et d’autres journée j’ai envie de ne rien faire. Pourquoi je pleur parfois sans raison. Pourquoi je suis à pic avec mon entourage. Ça explique mon omniprésence sur les réseaux sociaux. La raison pour laquelle je vous en parle, c’est que trop souvent, on en parle pas ! Par peur du jugement, par peur d’être discrédité dans notre rôle de maman mais aussi de travailleuse, de conjointe, d’amie et j’en passe. Il y a la peur de paraître inapte, ou même d’être vu comme dans l’incapacité d’accomplir ce que nous devons faire. Les gens te pointe du doigt et pense que tu es faible alors que bien souvent, tu as tout donné et que tu t’es oublié! Le jugement se veut tellement facile. 

Ce qui m’a plongé MOI dans ma détresse

C’est après une longue et douce discussion avec ma médecin, que j’ai réalisé que je vivais une dépression post-partum. Ça m’a pris beaucoup de temps l’accepter. Ça s’est installé si doucement que je ne l’ai pas vu venir. Accouchement difficile, maman et bébé très malade, bébé hospitalisé à Québec et maman à Trois-Rivières, achat d’une maison à rénover, déménagement, problème d’approvisionnement en eau, vices cachés dans la maison, soucis financier, retour dans ma formation, retour au travail. Tout ça en 9 mois. Il s’en est passé des choses. Aujourd’hui tout le monde va bien. On se place lentement. Certaines choses se sont réglées et d’autres prennent plus de temps. Le plus important c’était mon fils et ma grande, qu’ils soient bien et heureux.

Maman heureuse; bébé heureux!

Les gens pensent qu’eux sont forts, que ça ne leur arrivera pas! Personne n’est à l’abri de la dépression post-partum. Nous sommes toutes à risque. Quelques-unes plus que d’autres sont prédisposées dû à l’hérédité. Cependant, ça ne fait pas de nous de moins bonnes amies, sœurs, conjointes, mères, ou travailleuses. C’est pas écris dans ton front avec un panneau lumineux . Cependant, c’est pas parce qu’on souris qu’on est pas en dépression. C’est pas parce qu’on saute de joie qu’on ne vie pas avec la dépression . Il y a de meilleures journées que d’autres c’est tout . Mais hey, dis-toi que tu n’es pas seule. Dis-toi que c’est ok de vivre ça, mais donnes-toi des outils! Consultes, parles-en à des gens en qui tu as confiance. Sors prendre l’air. Dis-toi aussi que si tu arrives à toucher le bonheur du bout des toi en prenant soin de toi, bébé ne pourra qu’être heureux. Prendre soin de soi c’est prendre soin des autres. Alors maman, aimes-toi, pense à toi et soignes-toi. Le bonheur débute par toi et sera contagieux crois-moi.

L’amour de soi se propagera

En date d’aujourd’hui j’ai un suivi régulier et une médication parce que oui la médication fait partie du traitement et il ne faut pas en avoir peur! Elle n’est pas la pour rester! Tu ne seras pas malade toute ta vie. Elle te sert de petites roues. Comme quand tu étais petite et que tu apprenais à faire du vélo à deux roues. Elle te donne la petite poussée qu’il te faut! Pas trop vite, juste assez. Elle t’aide a gravir la montagne qui te semble insurmontable. Quand tu auras pris de l’expérience et de l’assurance, les petites roues disparaitront. Crois moi maman, ça va bien aller !


Anne-Josée Belzil

Éternelle anxieuse,TDAH de la vie, maman d’un petit homme de 8 mois, belle-maman de deux grands et étudiante en sciences infirmières et travailleuse de la santé. J’ai toujours eu une passion pour l’aventure, la nature, la découverte, le bien-être, la santé  et les mots . On me décrivait comme  une boule d’énergie et comme un vrai moulin à parole. J’écris donc pour alléger mon cerveau et pour ne pas rapper sur le gros nerfs de mon entourage .

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